Tu crées une VM. Tu choisis l’ISO. Tu règles la RAM. Et puis tu vois ce petit choix qui a l’air anodin, mais qui peut te faire perdre une heure : firmware UEFI ou BIOS.
Et souvent, on clique au hasard. Jusqu’au moment où Windows refuse de s’installer, où Linux ne boote pas, ou où ton disque est en GPT mais la VM démarre en mode Legacy. Bref.
Dans ce guide, on va faire simple et pratique, version « BTS SIO SISR Tech Lab ». Le but : comprendre vite les différences, savoir quoi choisir selon le contexte, et éviter les pièges classiques en lab (VirtualBox, VMware, Hyper V, Proxmox).
UEFI vs BIOS : ce que ça change vraiment
On mélange souvent tout, donc on remet les bases.
BIOS (Legacy)
Le BIOS, c’est l’ancien monde. Démarrage « classique », tables de partitions MBR, limites historiques (disques de 2 To en MBR, nombre de partitions primaires, etc.).
En VM, le BIOS Legacy a deux avantages très concrets : il est simple, ultra compatible, et il marche même avec des OS très vieux.
Mais dès que tu veux faire des choses un peu modernes, tu te retrouves vite à bricoler.
UEFI
UEFI, c’est le firmware moderne. Il démarre via une partition système EFI (ESP), utilise GPT dans la majorité des cas comme expliqué dans cette FAQ sur EFI, gère mieux les gros disques, et supporte des mécanismes type Secure Boot (selon hyperviseur et OS).
En VM, UEFI est devenu le « choix par défaut » dans plein de scénarios récents, surtout Windows 11.
En résumé :
- BIOS : compatibilité, vieux OS, simplicité.
- UEFI : moderne, GPT, Secure Boot possible, recommandé pour OS récents.
Le point qui fait tout planter : GPT, MBR et le mode de démarrage
Oui, c’est souvent là que ça casse.
- BIOS boote naturellement sur un disque en MBR.
- UEFI boote naturellement sur un disque en GPT (avec une partition EFI).
Alors oui, il existe des exceptions, mais en lab, le plus simple c’est de rester dans ce schéma.
Symptômes classiques quand tu t’es trompé
- Windows : « Windows ne peut pas être installé sur ce disque. Le disque sélectionné possède une table de partition GPT » (quand tu bootes en BIOS).
- Linux : installation ok, mais au reboot tu tombes sur un shell grub minimal ou « no bootable device ».
- Clone d’un disque : tu importes un VHDX/VMDK, et la VM ne boote plus car firmware différent.
Quel choix pour Windows en VM
Windows 11 : UEFI quasi obligatoire (et parfois Secure Boot)
Windows 11 aime UEFI. Et selon le contexte, il peut exiger TPM 2.0 et Secure Boot. En VM, ça dépend de l’hyperviseur.
- Hyper V : Windows 11 en génération 2 (UEFI) + vTPM.
- VMware Workstation/ESXi : UEFI + options TPM virtuel (selon version).
- VirtualBox : UEFI possible, TPM selon versions récentes (pas toujours aussi fluide).
Donc, pour Windows 11 : UEFI, point. Même si tu peux contourner, en lab pédagogique c’est mieux de faire propre.
Windows 10 : UEFI recommandé, BIOS possible
Windows 10 marche très bien en BIOS, mais si tu pars de zéro et que tu veux des disques GPT et un environnement moderne : UEFI.
Windows Server (2016, 2019, 2022) : UEFI conseillé
Même logique. Server boote en BIOS aussi, mais UEFI est plus aligné avec les déploiements récents, notamment si tu fais du template, du cloud-init côté Linux (pas Server), ou des lab qui ressemblent à des environnements actuels.
Quel choix pour Linux en VM
Linux est plus souple. Mais.
Distros modernes (Debian 12, Ubuntu 22.04/24.04, Rocky, Alma) : UEFI recommandé
Si tu fais du Linux récent, UEFI se passe bien. Et tu apprends un truc utile : gérer une partition EFI, grub en mode EFI, etc.
Anciennes distros ou ISO « exotiques » : BIOS parfois plus simple
Tu testes une vieille ISO, une mini distro, un vieux rescue, ou un OS qui ne gère pas bien l’EFI. Là, BIOS peut t’éviter des heures de debug.
Petit piège : grub installé au mauvais endroit
En UEFI, grub doit aller sur l’ESP. En BIOS, grub va dans le MBR (ou dans le boot sector). Si tu installes en UEFI puis tu switches en BIOS, tu vas te retrouver avec un disque « installé » mais non bootable.
Hyperviseurs : où se règle UEFI ou BIOS, et ce que ça implique
VirtualBox
VirtualBox te laisse activer UEFI via une case.
- Dans les paramètres VM : Système → carte mère → « Activer EFI (systèmes d’exploitation spéciaux uniquement) »
- Si tu coches après installation, parfois ça casse le boot. Donc décide avant.
VMware Workstation / Player
VMware est assez friendly. Tu peux choisir firmware BIOS ou UEFI dans les options avancées de la VM (ou via le fichier .vmx). Ce qui compte : si tu importes un disque existant, vérifie le mode attendu.
Hyper V
Hyper V est très « tranché » :
- Génération 1 : BIOS (Legacy)
- Génération 2 : UEFI
Donc le choix du firmware est en fait le choix de la génération. Et tu ne convertis pas une génération 1 en génération 2 facilement sans recréer (il existe des méthodes, mais en lab c’est rarement worth).
Proxmox VE
Proxmox te propose le firmware (SeaBIOS vs OVMF).
- SeaBIOS : Legacy
- OVMF : UEFI
Et si tu veux Secure Boot, tu vas plutôt regarder côté OVMF + options adaptées.

Comment choisir rapidement : la méthode simple (celle que j’utilise en lab)
Je me pose trois questions. Pas plus.
1) L’OS est récent ?
- Windows 11 : UEFI.
- Windows Server récent : UEFI.
- Linux récent : UEFI par défaut.
2) Je vais utiliser GPT ?
Si oui : UEFI.
Si tu as une contrainte MBR (rare en 2026, mais ça arrive dans des labs) : BIOS.
3) Je dois activer Secure Boot ou TPM ?
Si oui : UEFI. Et vérifie que ton hyperviseur supporte le besoin.
Pour mieux comprendre les implications du choix entre BIOS et UEFI, il est essentiel de prendre en compte ces facteurs lors de la configuration de votre machine virtuelle.
Scénarios concrets : quoi choisir, sans réfléchir 20 minutes
Scénario 1 : VM Windows 11 pour un lab AD DS
Choix : UEFI (Hyper V gen 2 si Hyper V).
Disque : GPT.
Bonus : vTPM si exigé.
Scénario 2 : VM Debian pour serveur web + SSH + iptables
Choix : UEFI (sauf si tu veux tester MBR volontairement).
Disque : GPT.
Ça marche bien, et tu apprends un boot EFI normal.
Scénario 3 : VM pfSense ou OPNsense
Ça dépend de la version et du support. Beaucoup de déploiements passent en UEFI aujourd’hui, mais si tu galères sur une ISO ou un bootloader : tente BIOS en premier, parfois c’est plus plug and play.
Scénario 4 : vieux Windows (7, XP) en VM pour compatibilité
Choix : BIOS.
UEFI, tu vas juste t’attirer des ennuis.
Scénario 5 : tu clones un disque VMDK/VHDX trouvé dans un ancien projet
Choix : le firmware doit matcher l’installation d’origine.
Astuce : si tu ne sais pas, monte le disque en live et regarde :
- présence d’une partition EFI (FAT32, ~100 à 500 Mo) : probablement UEFI
- pas d’ESP, MBR : probablement BIOS
Erreurs fréquentes (et comment s’en sortir)
Erreur 1 : installer en UEFI, puis basculer en BIOS
Résultat : « no bootable device ».
Solution : remets le bon firmware, ou réinstalle grub dans le bon mode (possible, mais c’est un mini chantier).
Erreur 2 : Windows installé en BIOS sur MBR, puis conversion GPT sans conversion boot
Tu peux convertir MBR vers GPT sur Windows (mbr2gpt), mais il faut aussi que la VM boote en UEFI derrière. Et parfois ton hyperviseur ne rend pas ça super fluide.
Erreur 3 : Secure Boot activé, ISO non signée
Certaines ISO Linux, certains noyaux custom, certains outils de rescue ne passent pas.
Solution : désactive Secure Boot, ou utilise une ISO compatible.
Erreur 4 : Proxmox OVMF sans disque EFI
Sur Proxmox, en UEFI, tu ajoutes souvent un « EFI disk ». Sans ça, tu peux avoir un boot étrange selon OS.
Solution : ajoute l’EFI disk dès la création, avant install.
Mini check-list avant de cliquer sur « démarrer »
- OS récent ? Oui → UEFI.
- Besoin TPM/Secure Boot ? Oui → UEFI + options hyperviseur.
- Disque GPT ? Oui → UEFI.
- Vieux OS, ISO antique, compatibilité maximale ? → BIOS.
- Tu reprends un disque existant ? → même firmware que la source.
Tu coches ça, et tu évites 80 % des galères.
Petit rappel « BTS SIO SISR » : pourquoi ça compte en exam et en stage
En entreprise, on te demandera rarement : « tu as mis UEFI ou BIOS ? ». On s’en fiche un peu. Ce qui compte, c’est ce que ça implique : partitionnement, démarrage, compatibilité, sécurité.
Mais en stage, en alternance, et dans les projets E4/E5, toi tu vas y être confronté. Parce que tu vas cloner, automatiser, restaurer, migrer, tester des ISO, monter un Proxmox, faire un lab AD.
Donc oui, c’est un détail. Mais c’est le détail qui fait que ton lab démarre lundi matin.
Si tu veux d’autres labs concrets (Proxmox, Windows Server, AD DS, GPO, durcissement, VLAN, firewall), garde un oeil sur BTS SIO2 SISR Tech Lab sur https://sio1blog.blogspot.com/ . J’y ajoute régulièrement des pas à pas et des retours de terrain, justement pour éviter ce genre de pièges.
Conclusion : le bon choix, la plupart du temps
Si tu hésites encore et que tu veux une règle simple, presque bête :
- UEFI pour tout ce qui est moderne (Windows 11, Server récents, Linux récents, GPT).
- BIOS pour les vieux OS, ou quand tu veux une compatibilité maximale sans surprise.
Et surtout, choisis avant l’installation. Parce que changer après, ça marche… parfois. Mais souvent tu finis par réinstaller, et tu perds du temps pour rien.
Questions fréquemment posées
Quelle est la différence principale entre BIOS (Legacy) et UEFI dans une machine virtuelle ?
Le BIOS est un firmware ancien, simple et ultra compatible, idéal pour les OS très vieux avec des partitions MBR. L'UEFI est un firmware moderne qui utilise généralement des partitions GPT, supporte Secure Boot, et est recommandé pour les OS récents comme Windows 11.
Pourquoi le choix entre UEFI et BIOS peut-il empêcher l'installation ou le démarrage d'un système d'exploitation en VM ?
Parce que BIOS boote naturellement sur un disque en MBR tandis qu'UEFI boote sur un disque en GPT avec une partition EFI. Un mauvais choix entraîne des erreurs comme "Windows ne peut pas être installé sur ce disque" ou un échec de démarrage Linux avec grub minimal.
Quel firmware choisir pour installer Windows 11 dans une machine virtuelle ?
Pour Windows 11, UEFI est quasi obligatoire, souvent avec Secure Boot et TPM virtuel selon l'hyperviseur (Hyper V génération 2, VMware UEFI + TPM, VirtualBox avec options récentes). Cela garantit une installation propre et conforme aux exigences de Microsoft.
Est-il possible d'utiliser BIOS pour Windows 10 en VM ?
Oui, Windows 10 fonctionne bien en BIOS Legacy. Cependant, si vous souhaitez utiliser des disques GPT et bénéficier d'un environnement plus moderne, UEFI est recommandé.
Quel firmware privilégier pour Linux dans une VM ?
Pour les distributions modernes comme Debian 12 ou Ubuntu 22.04/24.04, UEFI est recommandé car il permet de gérer la partition EFI et grub en mode EFI. Pour les anciennes distributions ou ISO exotiques qui ne gèrent pas bien l'EFI, le BIOS peut être plus simple à utiliser.
Quels sont les pièges courants liés au choix du firmware en VM ?
Un piège fréquent est l'incompatibilité entre le mode de démarrage (BIOS vs UEFI) et la table de partition (MBR vs GPT), ce qui bloque l'installation ou le boot. Autre piège : installer grub au mauvais endroit en UEFI, ce qui empêche le démarrage correct du système.
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