Il y a quelques années, j'avais du mal à distinguer l'Oura Ring 3 de l'Ultrahuman Ring Air. Ces deux bagues connectées occupaient une position similaire sur le marché des objets connectés : de nouvelles venues au design inédit, offrant des données que les montres connectées ne pouvaient pas fournir. Oura avait la faveur du public, mais Ultrahuman se démarquait par une proposition de valeur unique : un modèle sans abonnement, sans barrière payante.
Deux ans plus tard, les dernières générations de ces deux bagues connectées n'ont plus grand-chose en commun. Oura a vu ses parts de marché exploser, avec plus de 5,5 millions d’exemplaires vendus depuis septembre dernier. De son côté, Ultrahuman a passé une année à rattraper son retard sur son concurrent, en concevant un nouveau modèle qu'Oura ne peut plus accuser de violer ses brevets.
Ultrahuman a vu les choses en grand
Résultat : l'Ultrahuman Ring Pro, une bonne bague connectée sur le papier. Mais dans les faits, elle ne ressemble pas vraiment à l'appareil qu'Ultrahuman avait initialement l'intention de concevoir. Il faut dire que les accusations de contrefaçon de brevets ont tendance à pousser les entreprises à revoir leurs plans.
Avec l'Ultrahuman Ring Pro, la marque a vu les choses en grand. L'autonomie de la batterie est deux fois supérieure à celle de l'Ultrahuman Ring Air, et l'anneau est 0,25 mm plus épais que ce dernier. Il pèse entre 0,9 et 2,4 grammes de plus que l'Ultrahuman Ring Air, et coûte 120 euros de plus que la génération précédente.
L'entreprise est allée à contre-courant des tendances du secteur en proposant une bague encore plus épaisse et moins confortable à porter que la précédente. À titre de comparaison, l'Oura Ring 5 mesure 2,28 mm d'épaisseur, contre 2,65 mm pour l'Ultrahuman Ring Pro ; ce surplus de volume ne facilite pas le confort de port. Ses capteurs dépassent de l'anneau, un autre défaut daté qu'Oura et d'autres concurrents ont pourtant cherché à corriger.
Cette épaisseur ne m'aurait pas dérangée si l'Oura Ring 5 n'existait pas, mais en portant les deux bagues, j'ai davantage remarqué le design envahissant de l'Ultrahuman, et j'avais de moins en moins envie de la garder au doigt.
Une autonomie remarquable
Ce que la Ring Pro perd en design, elle le rattrape avec une autonomie remarquable et une application aboutie. Elle peut tenir jusqu'à 15 jours sur une seule charge, une nette amélioration qui réduit la fréquence de recharge à deux fois par mois.
Pour compléter cette autonomie déjà généreuse, la bague connectée est livrée avec un boîtier de charge élégant offrant jusqu'à 45 jours d'autonomie supplémentaire.
La philosophie d'Ultrahuman n'a pas changé : la marque continue de se positionner comme un compagnon technofuturiste passionné de biohacking, de peptides, de bains glacés et d'optimisation du mode de vie.
La récente mise à jour de l'application a amélioré l'interface. Auparavant, elle n'était pas pensée uniquement pour la bague, mais pour tout un écosystème de produits biohackables. Désormais, l'application laisse davantage de place aux données de bien-être provenant de la la Ring Pro, malgré la présence d'onglets supplémentaires consacrés à la longévité, au chatbot IA et à « Zones », la plateforme sociale d'Ultrahuman.
Une application très complète
À force de vouloir optimiser chaque instant de mes phases de sommeil et de veille, Ultrahuman se montre un peu trop indiscret et insistant à mon goût. Après le réveil, une fois mes scores de sommeil consultés, l'application affiche sur l'écran d'accueil de mon téléphone un compte à rebours avant ma prochaine phase circadienne, m'encourageant à m'exposer un maximum à la lumière du jour avant de pouvoir passer à l'étape suivante, où la consommation de caféine est enfin autorisée.
Un jour, l'application m'a annoncé que mon cerveau avait « suffisamment éliminé ses déchets » la nuit précédente, et que j'avais donc gagné une marge de manœuvre supplémentaire pour consommer plus de caféine sans que cela n'affecte mon sommeil. Parmi toutes les bagues connectées que j'ai testées, celle-ci est celle qui m'a le plus donné l'impression d'être un rat de laboratoire.
Il faut reconnaître qu'Ultrahuman réalise un excellent travail de mise en contexte visuelle de toutes les données recueillies par la bague sur le sommeil, l'activité, le stress et le bien-être général. Même si je n'ai pas envie de tout savoir sur chaque paramètre biométrique, les utilisateurs intéressés par ce niveau de détail trouveront ces visualisations très utiles.
Avant d'envisager l'achat, sachez que des clients du forum Reddit r/smartrings se sont plaints du service client peu réactif d'Ultrahuman, alors qu'ils attendent toujours la livraison de l'Ultrahuman Ring Pro. Par ailleurs, des clients ayant exprimé leur mécontentement sur le forum r/Ultrahuman ont vu leurs messages supprimés.
Les conseils d'achat de ZDNET
L’Ultrahuman Ring Pro vaut-elle le coup ? Elle est plus cher que l'Oura Ring 5 (Oura facture un abonnement annuel de 72 dollars), et elle est nettement plus volumineuse. Mais elle offre une meilleure autonomie, certes au prix d'un confort de port moindre.
Tout se résume à trois questions. Êtes-vous prêt à payer un abonnement supplémentaire en plus du prix de la bague ? Si non, optez pour l'Ultrahuman Ring Pro. Voulez-vous une bague connectée compacte ? Si oui, choisissez l'Oura Ring 5. Voulez-vous davantage de moyens d'optimiser votre mode de vie et d'explorer chaque aspect de vos données de santé ? Si oui, optez pour l'Ultrahuman Ring Pro.
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